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Esthétique
Théorie de la formativité

Esthétique Esthétique
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Luigi PAREYSON
2007
Format : 19 x 20 cm |   Nb pages : 352
Collection « ÆSTHETICA »

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Sélection du MAI DU LIVRE D’ART 2008

Résumé


Ce livre est un grand traité d’esthétique, le plus important venu d’Italie depuis L’Esthétique comme science de l’expression et comme linguistique (1902) de Benedetto Croce. En rupture avec la pensée crocéenne de l’œuvre accomplie, Luigi Pareyson (1918-1991) s’interroge sur le processus de formation lui-même, la forme formante dans son rapport à la forme formée. La théorie de la formativité produit une philosophie de la création et une critique de type herméneutique qui inspirera de l’aveu même de son auteur L’Œuvre ouverte d’Umberto Eco. Faisant grand cas du matériau lui-même, cette esthétique montre comment le mouvement de l’interprétation est indissociable de la production des œuvres. Inscrite dans la tradition morphologique inaugurée par Goethe et Dilthey, la pensée esthétique de Pareyson dépasse l’opposition entre historicisme et structuralisme et invente une approche originale de l’activité artistique.

Édition et traduction de G. A. Tiberghien

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On en parle

Les études philosophiques n° 95 - avril 2010

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Le traducteur

Gilles A. TIBERGHIEN, philosophe, enseigne l’esthétique à l’université de Paris I. Il a traduit Carlo Michelstaedter (Épistolaire, L’Éclat, 1990), Benedetto Croce (Essais d’esthétique, Gallimard, 1991), Luigi Pareyson (Conversations sur l’esthétique, Gallimard, 1992, et Ontologie de la liberté, L’Éclat, 1998). Il a notamment publié Land art (éditions Carré, 1993) ; Nature, art, paysage (Actes Sud, 2001) ; Amitier (Desclée de Brouwer, 2002) ; Notes sur la nature, la cabane et quelques autres choses (Le Félin, 2005) ; Emmanuel Hocquard (Seghers, 2006). Il prépare un ouvrage sur les rapports entre l’esthétique et l’histoire de l’art en Italie après Croce.

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Sommaire

Introduction, par Gilles A. TIBERGHIEN

Esthétique. Théorie de la formativité

Préface de l’édition de 1988

I. STYLE, CONTENU ET MATIÈRE EN ART

Spécifications de l’art
Qu’est-ce que l’esthétique ?
Le problème de la spécification de l’art
Caractère esthétique de l’expérience tout entière
Spécification et concentration des activités humaines en toute opération
L’art comme formativité pure, spécifique et intentionnelle
L’intervention des autres activités dans l’opération artistique : pensée et moralité en art
Deux problèmes : le contenu et la matière de l’art.

Contenu et style
La spiritualité personnelle comme contenu de l’art, comme style ou manière de former
Correspondance et identité d’esprit et de style
Le goût comme « attente » : personnalité, universalité, historicité du goût
Le style comme « manière de former » : style personnel et style collectif
Différence entre contenu et sujet ; indifférence du contenu ou pour le contenu ; contenu pré-artistique et contenu artistique
Signification de la présence du sentiment dans l’art
Historicité et autonomie de l’art ; ni formalisme ni « contenutisme » ; « correspondances » entre formes d’art et formes de spiritualité.

La matière de l’art
La matière de l’art comme matière physique
Différence entre les arts liée à la diversité de la matière : infinité des arts et instabilité de leurs limites
Adoption de la matière : exigences de l’intention formative et résistances de la matière
Le principe de l’indissociabilité de l’intention formative et de sa matière : la matière formée
Le principe de la tension entre l’intention formative et sa matière : interprétation de la matière
Substitution impossible des matières : traductions, réductions, transcriptions
Nature et activité de la matière
Recherche du style et formation de la matière : réalité physique et spiritualité ; résultat et processus.

II. FORMATION DE L’ŒUVRE D’ART

Tentative et réussite
Le former comme « faire » qui invente la « manière de faire »
La forme comme réussite et le former comme tentative
Le critère de la réussite en dehors de l’art : loi et règle
« Caractère artistique » de l’activité humaine tout entière
Dans l’art, la réussite est son propre critère
La règle individuelle de l’œuvre est l’unique loi de l’art

Le processus artistique
La formation de l’œuvre d’art est une pure tentative
La tentative artistique n’est pas dépourvue de guide
Simultanéité d’invention et exécution
Les tentatives sont guidées par le présage de la découverte
Forme formante et forme formée.

Du spunto à l’œuvre
Caractère organique du processus artistique : univoque et définitivement achevé
L’œuvre se fait d’elle-même et pourtant c’est l’artiste qui la fait
Naissance du spunto
Développement du spunto
L’exercice
L’improvisation
L’inspiration
Impulsion et inspiration
Tentative et organisation

III. COMPLÉTUDE DE L’ŒUVRE D’ART

Perfection dynamique de l’œuvre d’art
Indépendance et perfection de l’œuvre d’art : complétude et exemplarité
La complétude de l’œuvre d’art comme accomplissement du processus de sa formation : nécessité d’une considération dynamique de l’œuvre d’art
Trois problèmes

L’œuvre et ses antécédents
L’œuvre d’art inclut le processus de sa formation en tant qu’elle en est la conclusion
L’œuvre d’art et ses antécédents : notes, esquisses, ébauches, exercices, études, programmes
L’œuvre d’art et la personne de l’auteur : biographie et poésie

Les parties et le tout
Unitotalité de l’œuvre comme totalité du processus de sa formation
Les parties et le tout dans l’œuvre d’art : double genre de rapports
Extension et profil de l’œuvre d’art
Nécessité de chaque partie : structure, chevilles, imperfections
La mutilation ne détruit pas l’ensemble : tronçons, ruines, fragments
Altération de la matière : usure du matériau et oubli de l’homme
La patine du temps : antiquité et pérennité des œuvres
Esprit et corps dans l’œuvre d’art ne font qu’un
Résumés, traductions, reproductions
Œuvres d’art et choses de la natureénbsp;: leur ressemblance et solidarité

Les moments du processus artistique
Totalité du processus et de chacun de ses moments
Complétude et incomplétude de l’ébauche
Complétude et incomplétude du point de départ
Communauté de spunti chez des artistes différents : « congénialité », originalité, ressemblance
Totalité concrète du spunto
Les problèmes techniques et les contenus spirituels se réclament mutuellement
Langage, technique et matière

IV - EXEMPLARITÉ DE L’ŒUVRE D’ART

Exemplarité et imitation
Exemplarité de la réussite et opérations imitatives
Exemplarité de l’œuvre d’art et imitation artistique
Condition de l’exemplarité de l’œuvre d’art : l’universalité de la forme singulière
Imitabilité et inimitabilité de l’œuvre d’art
Condition de l’imitation artistique : la « congénialité »
Originalité et continuité
Exemplarité et imitation
Fonction de l’imitation
Les prescriptions : normativité ou opérativité des règles
Règles et modes opératoires
L’imitation : répétition ou transformation des modèles
Imitation et inspiration
Deux problèmes

Formation de l’artiste
L’enseignement de l’art
Magistère et apprentissage
Discipline et liberté
Art et métier
Talent et maestria

Écoles, styles, genres
Le rythme de l’art : formation et transformation
Continuité et singularité : ni développement ni insularité
Écoles et tradition
Conservation et innovation : ni conformisme, ni créativité
Style et manière
Ressemblance et unicité : le semblable et le générique, l’idée et le général
Genres et formes
Histoire de l’œuvre

V. INTERPRÉTATION ET CONTEMPLATION

L’interprétation et son processus
Le caractère formatif de la connaissance sensible
Définition de l’interprétation
Caractère inséparable de la réceptivité et de l’activité dans l’œuvrer humain
L’interprétation comme connaissance à la fois réceptive et active : elle est toujours à la fois à propos de quelque chose et du point de vue de quelqu’un
Caractère personnel, et donc expressif et formatif, de l’œuvrer humain
L’interprétation comme connaissance de formes de la part de personnes : ni unicité ni irrévocabilité, mais infinité quantitative et qualitative de l’interprétation

Contemplation et plaisir esthétique
Mouvement et quiétude dans l’interprétation : recherche et découverte
Diversité et caractère inséparable des deux aspects de l’interprétation
Dualité entre le point de départ et le schéma et coïncidence entre la chose et l’image
La contemplation et la jouissance du beau comme conclusion de l’interprétation
Ni objectivité ni subjectivité de la beauté
Unité et dualité de formes dans la contemplation
Nature du plaisir esthétique : l’émerveillement comme sentiment composé de surprise et de contemplation
L’émerveillement préfigure le cheminement de l’interprétation et de la contemplation
Le plaisir esthétique comme plaisir immobile

Le beau naturel
Tout processus d’interprétation a une fin esthétique
L’interprétation en vue de la contemplation : le beau naturel
La connaissance des choses, comme celle des personnes, exige interrogation et dialogue
Distraction et présomption comme obstacles à l’interprétation des choses
Intérêt et respect comme conditions de l’interprétation des choses
La contemplation du beau naturel : les choses non pas comme ustensiles, mais comme formes
Nécessité de l’interprétation pour la réussite de l’utilisation
Prise en compte de l’utilisation dans l’interprétation : le beau fonctionnel
La contemplation du beau naturel comme vision et production de formes : nisus formativus dans la nature et dans la connaissance

VI. LECTURE, INTERPRÉTATION ET CRITIQUE

Lecture et exécution
Lire signifie exécuter : l’exécution concerne tous les arts et n’est pas seulement l’œuvre des médiateurs
L’œuvre d’art exige l’exécution, la suscite et lui donne ses règles
Trois problèmes

Exécution et interprétation
Caractère personnel de l’interprétation et infinité de l’œuvre comme fondements de la variété des exécutions
La double conscience de l’interprète
« Fidélité » et « liberté » de l’interprétation
La signification de la double conscience de l’interprète : ni unicité ni arbitraire de l’interprétation
Caractère définitif et caractère provisoire de l’interprétation
L’œuvre ne vit que dans ses propres exécutions
Possibilité multiple d’interpréter l’œuvre d’art
Caractère déterminé et indépendance de l’œuvre d’art
Complétude et caractère inépuisable de l’œuvre d’art
La vie de l’œuvre d’art
L’œuvre stimule et requiert un processus d’interprétation
Caractère universellement compréhensible de l’œuvre d’art
Difficultés d’interprétation
Exercice de « congénialité » et infinité du processus interprétatif
Degrés de compréhension et valeur des interprétations

Exécution et jugement
Le point de vue du « lecteur » et le point de vue de l’artiste
L’œuvre comme loi du processus qui la produit et comme loi du processus qui l’interprète
Le « lecteur » est artiste et juge à la fois
« Corrections » faites par l’interprète : fidélité à l’œuvre formante
Étude des « corrections » d’auteur : considération génétique et considération dynamique de l’œuvre d’art
L’œuvre comme objet et critère du jugement tout à la fois
Caractère personnel du goût et caractère universel du jugement : le goût est organe de pénétration de l’œuvre, et non critère de jugement
La « lecture », en tant qu’exécution, est en même temps interprétation et jugement : contemplation de l’œuvre d’art

Exécution publique et critique
Deux inflexions différentes de la lecture : l’exécution publique et la critique
Caractères spécifiques de l’exécution publique
Jugement sur l’œuvre et jugement sur l’exécution
Problèmes relatifs à l’exécution publique
Caractère spécifique de la critique
Jugement et interprétation dans la critique
Infinité des méthodes critiques

VII. L’ART DANS LA VIE DE L’HOMME

Réalisation et communication
La place de l’art dans la vie de l’homme
Art et formativité
Art et réalisation
Portée métaphysique de l’art
Art et nature
Art et communication
Art et expression
Monde et forme

L’art et les autres activités
La vie dans l’art et l’art dans la vie
Humanité de l’art ; grand art et art mineur
L’art et les autres activités
Art et moralité
Formativité constitutive de la moralité et moralité constitutive de l’art
Esthétisme moral et moralisme esthétique
Idéal esthétique de la moralité et fonction morale de l’art
Œuvres jugées belles et immorales à la fois
Art et philosophie
Formativité dans la philosophie et philosophie dans l’art
Considération esthétisante de la philosophie et versification philosophique
Poésie de la philosophie
Philosophie à fin artistique et art à fonction philosophique

Esthétique et poétiques
Diversité des poétiques : idéaux de l’art et programmes d’art
Distinction entre esthétique et poétiques
Légitimité de toutes les poétiques
Poétique programmatique et poétique opérante
Caractère spéculatif de l’esthétique

Notes
Bibliographie des principaux écrits de L. Pareyson

 

 
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