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Bas salaires et qualité de l'emploi : l'exception française ?

Bas salaires et qualité de l'emploi : l'exception française ? Bas salaires et qualité de l'emploi : l'exception française ?
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Ève CAROLI
Jérôme GAUTIÉ (dir.)
2009
Format : 14 x 18 cm |   Nb pages : 510
Collection du CEPREMAP n° 17

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Résumé

Les pays industrialisés avancés ont connu de profondes mutations économiques au cours des vingt-cinq dernières années : globalisation croissante, déréglementation de nombreux secteurs, diffusion de nouvelles technologies et formes d’organisation du travail… Ces mutations se sont traduites par une pression concurrentielle accrue sur les entreprises, qui ont été amenées à modifier radicalement leur mode de gestion, et notamment la gestion de leur main-d’œuvre. Quelles en ont été les conséquences pour les travailleurs peu qualifiés et peu rémunérés ?
Si beaucoup de travaux traitent des répercussions de cette évolution en termes de niveau d’emploi et de chômage, c’est à la qualité de l’emploi que l’on s’intéresse ici. Cette qualité renvoie, au-delà de la seule rémunération, à l’ensemble des conditions de travail. Le cas français est situé par rapport à celui d’autres pays européens (Allemagne, Danemark, Pays-Bas et Royaume-Uni) et des enquêtes de terrain ont été conduites de manière approfondie dans six secteurs : l’industrie agroalimentaire, les hôpitaux, les hôtels, la grande distribution, les centres d’appel et l’intérim.
Il en ressort que si, en France, la part des travailleurs à bas salaire est relativement faible, leurs conditions de travail sont particulièrement dures. Cette spécificité découle de notre modèle de régulation du marché du travail : les règles juridiques sont nombreuses (du smic à l’encadrement des contrats temporaires), mais les contre-pouvoirs effectifs sur les lieux de travail sont insignifiants dans beaucoup de secteurs. Cela tient pour l’essentiel à la faiblesse et à la division des syndicats, mais aussi à un niveau de chômage élevé qui contribue à saper le pouvoir de négociation des travailleurs les plus vulnérables.

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On en parle

Alternatives économiques - 10 février 2010

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Les auteurs

Ève CAROLI est professeur à l’université Paris Ouest-Nanterre La Défense et membre de l’Institut universitaire de France. Elle est chercheur au laboratoire EconomiX (Paris Ouest) et à l’École d’économie de Paris, et responsable d’un programme ANR portant sur la dynamique des marchés internes du travail. Ses principaux travaux concernent l’innovation, l’organisation et les conditions de travail.

Jérôme GAUTIÉ est professeur à l’université Paris 1-Panthéon Sorbonne, où il dirige l’Institut des sciences sociales du travail, et chercheur au Centre d’économie de la Sorbonne. Ses recherches portent sur le marché du travail et les politiques de l’emploi. Il a codirigé Les Politiques de l’emploi en Europe et aux Etats-Unis (avec J.-Cl. Barbier, PUF, 1998) et notamment publié Coût du travail et emploi (La Découverte, 1998) et Le Chômage (La Découverte, 2009).

Philippe ASKENAZY est directeur de recherche à l’École d’économie de Paris et membre de l’Institute for the Study of Labor (IZA, Bonn). Ses travaux portent notamment sur les mutations technologiques et organisationnelles et les politiques de l’emploi. Il coordonne les programmes du Centre pour la recherche économique et ses applications.

Mathieu BÉRAUD est maître de conférences en économie à l’IUT de Longwy (université Henri-Poincaré Nancy 1) et chercheur au Groupe de recherche sur l’éducation et l’emploi du Laboratoire lorrain de sciences sociales (GREE-2L2S), centre associé au Centre d’éudes et de recherches sur les qualifications (Céreq). Ses travaux portent sur les questions d’emploi, de précarité et de chômage.

Jean-Baptiste BERRY est responsable du pôle « Enquêtes » à la Dares (ministère du Travail, des Relations sociales, de la Famille, de la Solidarité et de la Ville). Ses recherches portent sur les conditions de travail et leur objectivation, en particulier à travers l’économie de la grande distribution.

Thierry COLIN est maître de conférences en sciences de gestion à l’université Nancy 2 et chercheur au Centre européen de recherche en économie financière et gestion des entreprises. Ses travaux portent sur la gestion des compétences et de l’emploi dans les entreprises et les relations professionnelles.

Christine ERHEL est maître de conférences à l’université Paris 1-Panthéon Sorbonne, chercheur au Centre d’économie de la Sorbonne et au Centre d’étude de l’emploi. Ses travaux concernent la coordination des politiques de l’emploi en Europe et les comparaisons internationales en matière de qualité de l’emploi. Elle a récemment publié Les Politiques de l’emploi (PUF, 2009) et coordonné un ouvrage sur les transitions au cours du cycle de vie (avec D. Anxo et J. Schippers, Transitions and Time Adjustments over the Life Course, Dutch University Press, 2008).

Benoît GRASSER est maître de conférences en sciences de gestion à l’IUT d’Épinal-université Nancy 2 et chercheur au GREE-2L2S, centre associé au Céreq. Ses travaux portent sur les questions d’emploi, de gestion des compétences et d’apprentissage organisationnel.

Émilie FÉRIEL est doctorante à l’université Nancy 2 et membre du Groupe de recherche sur l’éducation et l’emploi.

Christine GUÉGNARD est chargée d’études à l’Institut de recherche sur l’éducation, sociologie et économie (Iredu/CNRS) pour le Céreq à l’université de Bourgogne. Elle travaille sur la problématique de la relation formation-emploi, notamment l’insertion des jeunes, les tensions sur le marché du travail et les politiques d’éducation ou d’emploi en termes d’égalité des chances.

Annie LAMANTHE est ingénieur de recherche au Laboratoire d’économie et de sociologie du travail (LEST-UMR 6123), centre associé au Céreq. Ses recherches portent sur les systèmes agroalimentaires et les tissus productifs traditionnels dans la mondialisation, notamment du point de vue de la relation salariale et des marchés du travail.

Gilbert LEFEVRE est ingénieur au CNRS et membre du Centre d’économie de la Sorbonne. Géographe de formation, il travaille depuis de nombreuses années en association avec des économistes et des sociologues sur les formesatypiques d’emploi, particulièrement l’intérim. À ce titre, il est membre du « Cercle Lafitte », groupe de réflexion sur l’emploi temporaire associant chercheurs et professionnels de l’intérim.

Philippe MÉHAUT est chercheur en socioéconomie du travail au LEST à Aix-en-Provence. Ses travaux portent notamment sur les systèmes et les politiques de formation professionnelle et sur le fonctionnement des marchés du travail.

Sylvie-Anne MÉRIOT est sociologue du travail au Céreq et spécialisée dans l’analyse du travail. Elle est responsable au sein de l’Institut de recherche pour le développement de la mise en place d’une démarche de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences.

François MICHON est directeur de recherches émérite au Centre d’économie de la Sorbonne et chercheur associé à l’Institut de recherches économiques et sociales. Ses travaux portent sur la socioéconomie du travail, de l’emploi et des relations professionnelles.

Sophie PRUNIER-POULMAIRE est ergonome, maître de conférences à l’UFR de sciences psychologiques et sciences de l’éducation de l’université Paris Ouest-Nanterre La Défense. Elle dirige la filière « Ergonomie » du parcours universitaire de psychologie du travail et ergonomie. Ses travaux concernent l’organisation temporelle des activités professionnelles et les conditions de travail, plus particulièrement dans le secteur des services et de la grande distribution.

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Sommaire

Préface, par Robert SOLOW

Introduction générale, par Ève CAROLI et Jérôme GAUTIÉ
Stratégies de gestion de l’emploi peu qualifié dans des économies en mutation
Une focalisation sur le travail à bas salaire et la qualité de l’emploi peu qualifié
Une combinaison d’analyses macroéconomiques et sectorielles
Vue d’ensemble des principaux résultats
Quelques enseignements et pistes de réflexion
Bibliographie

Panorama des bas salaires et de la qualité de l’emploi peu qualifié en France, par Philippe ASKENAZY, Ève CAROLI et Jérôme GAUTIÉ
La faible incidence du travail à bas salaire et ses causes
Des conditions de travail difficiles
Une précarité multiforme
Conclusion
Bibliographie

Les opérateurs des industries agroalimentaires à l’épreuve de pressions concurrentielles croissantes, par Ève CAROLI, Jérôme GAUTIÉ et Annie LAMANTHE
Le secteur agroalimentaire français : spécificités et contrastes
Pressions concurrentielles, tensions et stratégies commerciales
Choix organisationnels et gestion de l’emploi : politiques des entreprises face aux pressions concurrentielles
Incidence des stratégies des entreprises sur les salariés peu qualifiés et à bas salaire
Conclusion
Bibliographie

De bons emplois, un travail rude : quel modèle d’emploi pour les aides-soignantes et les femmes de chambre des hôpitaux ?, par Philippe MÉHAUT, Anne-Marie ARBORIO, Jacques BOUTEULLER, Lise CAUSSE et Philippe MOSSÉ
Un secteur très régulé avec peu de travail à bas salaire
Un système d’emploi attractif mais segmenté
Des mutations en cours
Conclusion
Bibliographie

Alice au pays des hôtels : de l’autre côté du miroir, par Christine GUÉGNARD et Sylvie-Anne MÉRIOT
Identité de l’hôtellerie au XXIe siècle
Des employées de l’ombre
Stratégies managériales ou bonnes pratiques ?
Le miroir aux alouettes
Conclusion
Bibliographie

Travail et salariés dans la grande distribution, par Philippe ASKENAZY, Jean-Baptiste BERRY et Sophie PRUNIER-POULMAIRE
Commerces alimentaires et électroniques-électroménagers : structures et régulations
Salariés et syndicats dans la grande distribution
Des pratiques de travail de haute performance
Avenir des métiers de la grande distribution face à un environnement plus concurrentiel
Conclusion
Bibliographie

Les emplois en centres d’appel : des trajectoires contrastées, par Mathieu BÉRAUD, Thierry COLIN et Benoît GRASSER, avec la collaboration d’Émilie FÉRIEL
Centres d’appel : une industrie jeune aux contours flous
Quel(s) modèle(s) économique(s) et stratégique(s)  ?
Les téléopérateurs : une qualité d’emploi hétérogène mais peu de travailleurs sous le seuil de bas salaire
Conclusion
Bibliographie

L’intérim : un secteur dual entre protection et précarité, par Christine ERHEL, Gilbert LEFÈVRE et François MICHON
Les règles de l’intérim
La dynamique du secteur depuis les années 1980
Intérim et flexibilité en France
Conclusion
Bibliographie

Les auteurs

 

 
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