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Tragédie(s)

Tragédie(s) Tragédie(s)
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Donatien GRAU (éd.)
2010
Format : 15 x 21,5 cm |   Nb pages : 128
Collection « Les rencontres de Normale Sup’ »

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Résumé

On l’a crue morte. Et pourtant… la tragédie ne cesse d’occuper les esprits. Le mot lui-même, et l’adjectif dérivé, tragique, n’ont jamais été aussi présents dans le langage qu’aujourd’hui.
Pour en évoquer les multiples aspects, quel meilleur rapprochement que celui de l’École normale supérieure et de l’Odéon-Théâtre de l’Europe ? L’une étudie la tragédie, dans son histoire et sa théorie, tandis que l’autre la montre, soir après soir, sur scène. Avec un souci commun : mettre en évidence les liens indissociables qui unissent la littérature et la vie.
Le livre rassemble à la fois des universitaires et des praticiens. En contrepoint, des esprits issus d’autres domaines, pour lesquels la tragédie demeure une notion primordiale. Avant de conclure avec la danse, thème éternel de la tragédie.
On peut ainsi rendre compte, en examinant ses différentes formes, de la vitalité d’un concept qui n’est pas seulement littéraire. Car la tragédie, au plus près, touche au rapport que l’homme entretient à son monde.

Textes réunis par Donatien Grau

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On en parle

Esprit - août / septembre 2010

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Les auteurs et la traductrice

Robert ABIRACHED est professeur émérite à l’université Paris X-Nanterre. Auteur d’études de référence (La Crise du personnage dans le théâtre moderne, Grasset, 1978), il a été directeur du Théâtre et des spectacles au ministère de la Culture de 1981 à 1988.

Howard BARKER, dont quatre pièces ont été présentées à l’Odéon de janvier à avril 2009), est une voix majeure du théâtre anglais et international : auteur de plus de soixante pièces, c’est aussi un théoricien de premier ordre, avec, notamment, Arguments pour un théâtre (Les Solitaires intempestifs, 2006) et La Mort, l’unique et l’art du théâtre (ibid., 2009).

L’actrice Dominique BLANC est liée par un fidèle compagnonnage à Patrice Chéreau. Elle est familière à la fois de personnages traditionnellement intégrés au registre tragique, à la manière de la Phèdre mémorable qu’elle a interprétée à l’Odéon en 2003, comme de textes correspondant à une vision plus contemporaine de la tragédie – tel La Douleur, de Marguerite Duras. Dominique Blanc a été couronnée en 2008 du prix d’interprétation féminine à la Mostra de Venise, pour son rôle dans L’Autre, le film de P. M. Bernard et P. Trividic.

Jean BOLLACK a imposé une révolution dans la traduction des pièces antiques, dont il a fait découvrir nombre de chefs-d’oeuvre. Universitaire, il a notamment enseigné à Berlin et à Princeton. Son travail de traduction l’a conduit à participer à de nombreuses mises en scène, dues par exemple à Ariane Mnouchkine (Iphigénie à Aulis d’Euripide), à Marcel Bozonnet (Antigone de Sophocle) ou à André Wilms à la Comédie française (Les Bacchantes d’Euripide). Il est aussi l’auteur d’études théoriques, fruits de sa réflexion sur l’Antiquité et de ses affinités électives avec des auteurs comme Paul Celan. En 2009, à Cerisy, un colloque a été consacré à son œuvre.

Monique CANTO-SPERBER, directrice de l’École normale supérieure et directeur de recherche au CNRS, est philosophe de formation. Auteur de très nombreux ouvrages de référence, elle s’est d’abord consacrée à l’étude de la pensée grecque, avant de s’inscrire également dans une perspective contemporaine, en apportant notamment une contribution fondamentale à la théorie politique du libéralisme et à la philosophie morale.

Patrick DANDREY est professeur de littérature française du XVIIe siècle à l’université Paris-Sorbonne. Spécialiste de Molière auquel il a consacré une demi-douzaine d’essais et autant d’éditions critiques, il travaille notamment sur les relations entre dramaturgie et anthropologie historique à travers les anciens modèles médico-moraux des désordres psychiques (mélancolie, érotomanie, lycanthropie, etc.). Professeur invité de plusieurs universités en Europe (Cluj-Napoca, Lausanne, Moscou, Saint-Pétersbourg) et aux États-Unis (Chicago, Columbia), il est membre de l’Académie des arts, lettres et sciences humaines de la Société royale du Canada.

Renaud DONNEDIEU DE VABRES a fait l’expérience de la vie politique sous toutes ses formes : locale, avec un mandat municipal à Tours ; nationale, comme député puis deux fois comme ministre (de la Culture et de la Communication de 2005 à 2007) ; internationale, avec en charge la dimension culturelle de la présidence française de l’Union européenne (2008).

Florence DUPONT est professeur à l’université Paris VII et directeur de programme au Collège international de philosophie. Reconnue comme l’une des meilleures spécialistes du théâtre antique grec (L’Insignifiance tragique, Gallimard, 2001) ou romain (Les Monstres de Sénèque, Belin, 1995), elle mène en parallèle une réflexion sur la mise en acte du théâtre ancien, focalisée sur le jeu de l’acteur (L’Acteur roi, Les Belles Lettres, 2003 et Aristote ou le vampire du théâtre occidental, Belin, 2008).

Michael EDWARDS est poète et professeur honoraire au Collège de France, où il a été titulaire de la chaire d’« Étude de la création littéraire en langue anglaise », après avoir été professeur à l’université de Warwick. Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont Shakespeare et la comédie de l’émerveillement (Desclée de Brouwer, 2003), Racine et Shakespeare (Puf, 2004), Shakespeare et l’œuvre de la tragédie (Belin, 2005) et Shakespeare : le poète au théâtre (Fayard, 2009).

Donatien GRAU est normalien et agrégé de lettres classiques. Ses recherches portent sur la critique et, plus largement, sur la question du Moi en littérature et en art. Il collabore à plusieurs revues en France et à l’étranger, parmi lesquelles Art Press, Commentaire, Critique, La Règle du Jeu et La Nouvelle Revue française.

Catherine GRENIER est directrice-adjointe du Musée national d’art moderne, Centre Pompidou. Critique d’art, elle a été commissaire de nombreuses expositions prestigieuses : « Les années Pop » en 2000, « Big Bang » en 2005 ou « Los Angeles » en 2006, au Centre Pompidou : « Abracadabra » en 1999, à la Tate Gallery de Londres. Co-auteur avec l’artiste de La Vie possible de Christian Boltanski (Le Seuil, 2010), elle a été commissaire, en 2010, de « Monumenta » au Grand Palais. Ses ouvrages constituent des contributions essentielles à la pensée de l’art contemporain avec La Revanche des émotions (Le Seuil, 2008), elle conduit à repenser le rôle du tragique.

Daniel LOAYZA est normalien et agrégé de lettres classiques, conseiller dramaturgique de l’Odéon-Théâtre de l’Europe. Traducteur du grec pour Garnier-Flammarion (Menexène de Platon, Fables d’Esope, Orestie d’Eschyle...), il a notamment traduit de l’anglais l’ouvrage de Howard Barker, Ces tristes lieux, pourquoi faut-il que tu y entres ? (Actes Sud, 2009).

Daniel MENDELSOHN a soutenu sa thèse à Princeton (Gender and the City in Euripides’ Political Plays, Oxford University Press, 2002). Il est l’auteur d’un roman mondialement acclamé Les Disparus (Flammarion, 2007, prix Médicis étranger). La traduction de son premier écrit littéraire, L’Étreinte fugitive, est parue en français (Flammarion, 2009). Il a écrit de nombreux articles sur des détails précis de la littérature tragique comme sur des écrits plus contemporains, collaborant en particulier au New Yorker et à la New York Review of Books.

Metteur en scène, Olivier PY est l’auteur de nombreuses pièces inspirées des mythes grecs, comme Le Visage d’Orphée, créée à Avignon en 1997 dans la Cour d’honneur du palais des Papes. Il a clos sa première saison à la tête de l’Odéon en montant l’Orestie d’Eschyle, dont il a réalisé la mise en français. En 2008-2009, il propose une nouvelle pièce du même dramaturge, Les Sept contre Thèbes, jouée « hors les murs », notamment à l’École normale supérieure. Il a ouvert la saison 2009-2010 en mettant en scène sa pièce Les Enfants de Saturne aux Ateliers Berthier.

Auteur d’ouvrages nombreux et variés, George STEINER a considérablement renouvelé le champ de la pensée contemporaine. On lui doit des textes majeurs sur la traduction (Après Babel. Une poétique du dire et de la traduction, Albin Michel, 1978) comme sur le tragique (La Mort de la tragédie, Gallimard, 1961). Professeur à l’université de Genève, où il a été titulaire de la chaire de littérature générale, Extraordinary Fellow au Churchill College de Cambridge, il a également enseigné au Collège de France, à Harvard, à Oxford et, récemment, à l’École normale supérieure.

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Sommaire

Avant-propos, Monique CANTO-SPERBER

La tragédie, combien de divisions ?, par Donatien GRAU

I - Histoires de la tragédie
La tragédie dans l’espace public antique, par Florence DUPONT
Shakespeare et l’élan tragique, par Michael EDWARDS
Classicisme et tragédie : une équation française, par Patrick DANDREY
Tragédie et tragique dans le nouveau théâtre (1945-1960), par Robert ABICHARED

II - Pratiques de la tragédie
L’écriture tragique aujourd’hui. Dialogue entre Howard BARKER et Daniel LOAYZA
De la philologie au théâtre, par Jean BOLLACK
Mettre en scène le tragique, par Olivier PY
Jouer la tragédie, par Dominique BLANC

III - Tragédie et tragique
La tragédie du politique, par Renaud DONNEDIEU DE VABRES
Le romancier et la tragédie, par Daniel MENDELSOHN
Le tragique dans l’art contemporain, par Catherine GRENIER

Conclusion
La danse tragique, par George STEINER

 

 
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