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Pouvoir des courtiers (Le)
Univers marchand et acteurs du courtage en Europe (XIVe-XVIIIe s.)

Pouvoir des courtiers (Le) Pouvoir des courtiers (Le)
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Vincent DEMONT,
Matthieu SCHERMAN et
Anne WEGENER SLEESWIJK (dir.)

16 mars 2018
Format : 15 x 21 cm |   Nb pages : 272
ISBN-978-2-7288-0588-4
22.00 €
Prochainement

Collection « Sciences sociales »

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Résumé

D’une étude des normes et règlements de métier à une histoire des institutions renouvelée par les approches économiques, l’historiographie consacrée au courtage médiéval et moderne s’est assez largement développée en contournant l’examen des courtiers eux-mêmes, et de leurs multiples activités. À travers une série d’études de cas centrées sur des métropoles marchandes de rang européen (Anvers, Amsterdam, Cadix, Florence, Hambourg, Londres, Lorient, Nuremberg, Rouen, Paris), ce livre interroge au contraire les identités et la capacité d’action de ces acteurs – leur pouvoir dans la construction des marchés.
Le recours à une documentation variée – écrits de courtiers, comptabilités ou correspondances marchandes, archives de corporations, minutes notariales, sources judiciaires et manuels d’art du commerce – éclaire ainsi le caractère polymorphe d’un métier qui, s’il prend sens dans un espace marchand européen, reste largement soumis à la configuration juridique, politique et sociale du lieu où il s’exerce. Le lecteur peut approcher le déroulement concret des échanges marchands, du coût des transactions à la fabrication de l’information sur les prix, de la spécialisation de certains intermédiaires à la pluriactivité de bon nombre d’autres, des tentatives de contrôle politique du courtage à la permanence de circuits « gris » dans l’intermédiation marchande.

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Les auteurs

Jacques BOTTIN est directeur de recherche émérite au CNRS, Institut d’histoire moderne et contemporaine (CNRS-ENS-Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne). Historien de l’économie du premier âge moderne, il a, après une thèse d’histoire rurale sur la paysannerie normande aux XVIe-XVIIe siècles, consacré ses travaux à la dynamique des territoires industriels, aux structures et aux acteurs de l’économie d’échange en Europe, ainsi qu’aux pratiques marchandes et à la littérature comptable.

Vincent DEMONT, ancien élève de l’ENS-Ulm et ancien membre de la Mission historique française en Allemagne (Göttingen), est maître de conférences en histoire moderne à l’Université Paris-Nanterre. Sa thèse (2008, inédite) porte sur le marché nord-ouest européen de la joaillerie pendant la guerre de Trente Ans. Ses recherches actuelles concernent l’articulation entre droit et économie dans les milieux marchands et commerçants d’Europe du Nord-Ouest.

Matthieu SCHERMAN, ancien membre de l’École française de Rome, est enseignant dans le secondaire. Après une thèse sur l’histoire du travail à la fin du Moyen Âge, il a, dans le cadre du programme ANR ENPrESa (« Les Salviati XIVe-XVIe siècle »), orienté ses recherches vers l’histoire de la banque et des échanges, notamment entre la Méditerranée et l’Europe du Nord-Ouest.

Anne Wegener SLEESWIJK est maître de conférences en histoire moderne à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Ses travaux portent sur le commerce et la consommation des vins aux Provinces-Unies aux XVIIe et XVIIIe siècles. Elle s’intéresse également aux institutions du commerce international dans une perspective comparative (enchères, Bourses de commerce, prix-courants).

Arnaud BARTOLOMEI, agrégé d’histoire et ancien membre de la Casa de Velázquez, est actuellement maître de conférences en histoire moderne et contemporaine à l’Université Côte d’Azur et membre du Centre de la Méditerranée moderne et contemporaine. Ses recherches portent sur les pratiques et les institutions du commerce à distance dans les espaces européens, atlantiques et méditerranéens aux XVIIIe et XIXe siècles.

Giovanni CECCARELLI est Professore associato d’histoire économique à l’Université de Parme, et chercheur associé aux universités d’Exeter et de Bordeaux-Michel de Montaigne. Ses recherches croisent l’histoire économique et sociale et celle de la pensée économique au début de l’époque moderne.

Guillaume FOUTRIER, ancien élève de l’ENS-LSH et agrégé d’histoire, achève une thèse sur les institutions marchandes à Rouen (XVIIe-début XIXe s.) à l’Université Paris 8 (laboratoire Institutions et dynamiques historiques de l’économie et de la société, UMR CNRS 8533).

Christof JEGGLE est collaborateur scientifique du projet de la Deutsche Forschungsgemeinschaft (DFG), « La juridiction marchande de Nuremberg. Les parères à l’époque moderne » (Université de Wurtzbourg). Il a rédigé une thèse sur la production du lin à Münster (Westphalie) aux XVIe et XVIIe siècles, travaillé aux universités de Berlin (Université Libre), de Fribourg et de Bamberg, ainsi que pour le projet ANR « Les privilèges économiques en Europe, XVe-XIXe siècle » ; il a également cofondé et organisé l’Irseer Arbeitskreises für vorindustrielle Wirtschafts – und Sozialgeschichte.

T. J. A. LE GOFF est professeur émérite à l’Université York (Toronto), membre associé de l’Institut de recherche sur les civilisations de l’Occident moderne (Université Paris-Sorbonne) et membre de la Royal Historical Society (Angleterre) ; il a été professeur invité à Balliol College (Oxford), à l’Université Paris-Sorbonne et au Collège de France.

Pierrick POURCHASSE est professeur d’histoire moderne à l’Université de Bretagne occidentale à Brest et chercheur au Centre de recherche bretonne et celtique. Ses recherches portent sur le commerce maritime à l’époque moderne et sur l’histoire économique de la Scandinavie.

Daniel VELINOV est chargé de recherche au CNRS, Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (LARHRA), où il travaille sur la banque à Paris au XVIIe siècle. Ses recherches de doctorat, fondées sur les archives du banquier anversois de la Bistrate (1654-1674), lui ont permis d’étudier le fonctionnement du marché des changes et du système européen des paiements à l’époque moderne.

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Sommaire  

Préface, par Jacques BOTTIN

Introduction, par Vincent DEMONT, Matthieu SCHERMAN et Anne WEGENER SLEESWIJK

PREMIÈRE PARTIE : APPROCHES DU COURTAGE

1. Parasites ou abeilles ? Le rôle des courtiers dans les marchés médiévaux et modernes (Bruges, Anvers, Amsterdam, XIVe-XVIIIe siècle), par Daniel VELINOV
L’approche par la corporation • Trois études de cas • Conclusion

2. Le rôle des courtiers dans les jeux de l’échange. L’exemple de la place de Cadix à la fin du XVIIIe siècle,
par Arnaud BARTOLOMEI
Deux hypothèses sur le rôle des courtiers • Les grands types d’opérations négociées par l’intermédiaire des courtiers gaditans en 1796 • La nature des transactions négociées par l’intermédiaire des courtiers (52) • Conclusion

3. Les activités d’un courtier lorientais au service de la flotte hollandaise au XVIIIe siècle, par Pierrick POURCHASSE
La clientèle d’André Vanderheyde • Au service des capitaines • Au service de ses clients • Conclusion

DEUXIÈME PARTIE : SPÉCIALISATIONS ET PRATIQUES DU COURTAGE

4. Courtiers et assurances maritimes. Les raisons d’une liaison profonde (XIVe-XVIe siècle),
par Giovanni CECCARELLI

5. Les courtiers sur les marchés de Nuremberg à l’époque moderne, par Christof JEGGLE
Introduction : marchés et courtiers • Droits et règlements du courtage à Nuremberg • Le nombre des courtiers de marchandise et de change • Devenir courtier à Nuremberg • La pratique du courtage • Conclusion

6. Des transactions au fort accent. La position des courtiers italiens sur la place de Londres au XVe siècle,
par Matthieu SCHERMAN
Les courtiers italiens de la place de Londres • Le paiement des courtiers • Des courtiers spécialisés, mais aux actions diversifiées • Les Bardi et le courtage : un moyen de pérenniser une position dominante dans les réseaux marchands • Conclusion

TROISIÈME PARTIE : POUVOIRS POLITIQUES ET FORMES DE L’INTERMÉDIATION

7. Juges-consuls, courtiers et banquiers. La construction du marché monétaire à Rouen au XVIIIe siècle,
par Guillaume FOUTRIER
La Bourse et ses règlements : la création d’un enclos privilégié par les juges-consuls • La Bourse de Rouen et l’essor du marché de l’escompte • Les nouveaux usages cambiaires, le bricolage réglementaire et le deus ex machina du privilège • La Bourse et le comptoir • Après la Révolution, quel ordre cambiaire ?

8. Pouvoir, courtiers et agents de change à la Bourse de Paris sous l’Ancien Régime, par T. J. A. LE GOFF
Contrôle et exploitation des agents de change par le roi (1572-1719) • Incertitude et flottement : la Bourse « libérale » des années 1720 et ses limites • La Bourse « sage » (1730-1774) • La réforme de la Bourse (1774-1791) : modernisation, multiplication du personnel, conflits 

9. Milieux du courtage à Amsterdam et à Hambourg (fin XVIIe-début XVIIIe siècle), par Vincent DEMONT et Anne WEGENER SLEESWIJK
Définition et contours d’une profession • Spécialisations et polarisations internes du groupe • Pratiques de l’information : d’une place à l’autre • Conclusion

Notes
Bibliographie
Les auteurs
Index

 

 
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