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James Fenimore Cooper ou la frontière mélancolique
The Last of the mohicans et The Leatherstocking tales

James Fenimore Cooper ou la frontière mélancolique James Fenimore Cooper ou la frontière mélancolique
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Agnès DERAIL
Cécile ROUDEAU (éd.)
2016
Format : 15 x 21 cm |   Nb pages : 154
ISBN-978-2-7288-3596-6
9.00 €

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Collection Actes de la recherche à l’Ens n° 16
(publications électroniques / digital publications)


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Résumé

Longtemps tenu à l’écart de la scène universitaire française, James Fenimore Cooper semble y faire son retour : que Le Dernier des Mohicans figure au programme de l’agrégation d’anglais (2015-2017) en est moins l’amorce que le signal. Cooper revient, donc, avec ce roman qui, comme les autres contes de Bas-de-Cuir, a la saveur nostalgique des lectures d’enfance : il fut l’un de nos premiers westerns, même si c’est un western sans cowboys qui se passe dans l’Est. Ce best-seller, traduit en plusieurs langues dès sa parution, aura introduit dans l’imaginaire collectif avec le premier des derniers Indiens, le tableau d’un Nouveau Monde dont il déplore le déclin et construit la légende. Le Dernier des Mohicans n’est pas un conte pour enfants qui finit mal ; c’est un livre inquiet qui habite ce limen indécis qu’est la « frontière ». Mais sur fond de guerre coloniale, Cooper livre aussi une bataille littéraire. Il invente un genre national qui s’offre comme le mémorial de la frontière – ses paysages sublimes, ses personnages étranges et son idiome bariolé. Devançant leur disparition, l’écriture confère à ces figures l’attrait d’un monde enfui que seuls la littérature, et le cinéma plus tard, identifieront au mythe américain.
Les articles qui suivent éclairent les chemins tortueux de cette « mélancolie » : elle n’est ici ni une donnée psychologique, ni une technique virtuose qui sied à l’écrivain quand celui-ci se fait le scribe de la naissance toujours enténébrée de la nation, mais plutôt l’envers ombreux du soleil transcendentaliste, du présent éternel proclamé à la lisière du settlement ; elle hante l’utopie américaine, et son histoire – la frontière mélancolique étant peut-être le lieu en ce début du XIXe siècle où l’Amérique s’écrit.

Synopsis

Having long remained in the shadows of academic studies in France, James Fenimore Cooper seems to be returning to the limelight: the inclusion of The Last of the Mohicans on the English ‘agrégation’ programme (2015—2017) bears witness of such a resurgence. Cooper has made his return, therefore, with a novel which, like the other stories that make up the Leatherstocking Tales, is imbued with a sense of nostalgia for childhood readings. It was one of the first westerns, albeit one without cowboys that takes place in the East. Translated into several languages upon publication, this bestseller, which presented the first of the last American Indians, introduced into the collective imagination the depiction of a New World, deploring its decline and firmly establishing its legendary status. The Last of the Mohicans is not a tale for children that ends badly; it is an uneasy book that inhabits that indecisive limen constituted by the ‘frontier’. However, against a backdrop of colonial war, Cooper also waged a literary battle. He invented a national genre that presents a testament to the frontier, with its sublime landscapes, strange characters, and many-hued idiom. Anticipating their disappearance, the text confers upon these figures all the appeal of a lost world, which, only literature and later cinema, would identify with the American myth.

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Les auteurs

Agnès DERAIL-IMBERT est maître de conférences à l’ENS et membre de l’équipe d’accueil VALE (EA 4085) à Paris-Sorbonne. Auteur de Moby Dick. Allures du corps (Rue d’Ulm, 2000), elle a codirigé avec Bruno Monfort l’édition des Derniers poèmes de Melville (Rue d’Ulm, 2010). Avec Cécile Roudeau, elle a traduit et présenté les Histoires de Pat Hobby de Francis Scott Fitzgerald dans la Bibliothèque de la Pléiade (Gallimard, 2012).

Cécile ROUDEAU est professeur à l’université Paris-Diderot (LARCA, UMR 8225). Sa recherche porte sur la littérature américaine du XIXe siècle. Elle est l’auteur de la première traduction française du Pays des sapins pointus et autres récits de Sarah Orne Jewett (Rue d’Ulm, 2004). La Nouvelle-Angleterre : politique d’une écriture. Récits, genre, lieu a paru aux Presses de l’université Paris-Sorbonne/AFEA en 2012. Elle prépare actuellement un livre intitulé Fictions d’un en-commun : lectures de la littérature américaine, à paraître chez Honoré Champion.

Marc AMFREVILLE est professeur de littérature américaine à l’université Paris-Sorbonne et ancien président de l’Association française d’études américaines. Outre de nombreux articles sur la littérature américaine, du XIXe siècle et plus contemporaine, il est l’auteur de plusieurs ouvrages, Charles Brockden Brown, la part du doute (Belin, 2000), Pierre, ou les ambiguïtés ou l’ombre portée (2003), Écrits en souffrance (Michel Houdiard, 2009), Maison de deuil, maison de liesse, The House of Mirth d’Edith Wharton (Fahrenheit, 2013), et, à plusieurs mains, d’une nouvelle Histoire de la littérature américaine (PUF, 2010). Traducteur de plus de quarante romans contemporains, il a également édité, dans la bibliothèque de la Pléiade, Pierre, ou les ambiguïtés de Melville (Gallimard, 2006), Loin du Paradis de Francis Scott Fitzgerald (ibid., 2012) et, en collaboration avec Antoine Cazé, Croc Blanc et L’ Appel du Monde sauvage de Jack London (ibid., 2016). À Paris 4, il a ouvert un atelier de recherche sur les écritures du trauma (ARTE) qui a récemment donné lieu à un numéro intitulé « Trauma » dans la revue Sillages critiques. Il prépare actuellement un essai qui devrait s’intituler Le Paradoxe, entre littérature et psychanalyse.

Émilia LE SEVEN est agrégée d’anglais. Ses recherches, depuis le master, portent sur le roman maritime américain, plus spécialement dans l’œuvre de James Fenimore Cooper à laquelle elle consacre actuellement une thèse de doctorat à l’université Paris-Diderot sous la direction de Cécile Roudeau.

Ronan LUDOT-VLASAK est professeur de littérature américaine à l’université de Lille 3. Ses travaux portent sur les questions intertextuelles dans la littérature américaine, et plus particulièrement sur les usages de Shakespeare et de l’Antiquité classique dans la fiction et le théâtre du XIXe siècle. Il est l’auteur de La Réinvention de Shakespeare sur la scène littéraire américaine (1798-1857) (Presses universitaires de Lyon, 2013), a corédigé Le Roman américain (PUF, 2011) avec Jean-Yves Pellegrin et dirigé plusieurs numéros de revue sur les liens entre science et littérature et sur Shakespeare aux États-Unis. Son livre « Étranger en son lieu » : Essais sur Melville et l’Antiquité classique paraîtra en 2016 aux éditions Honoré Champion.

Ancien élève de l’ENS (Ulm), agrégé d’anglais, Julien NÈGRE est maître de conférences en littérature et civilisation des États-Unis à l’ENS de Lyon. Ses recherches portent sur la place de la cartographie et des questions spatiales dans les textes d’Amérique, notamment au XIXe siècle. Il est l’auteur d’articles sur William Byrd de Westover, Herman Melville, Henry David Thoreau et Jack Kerouac.

Mark NIEMEYER est professeur de littérature et de civilisation américaines à l’université de Bourgogne à Dijon. Ses recherches portent essentiellement sur les écrits des décennies qui précèdent la guerre de Sécession, privilégiant souvent une analyse des questions liées au nationalisme culturel. Il a publié de nombreux articles dans ce domaine et il est coresponsable de plusieurs éditions d’œuvres de Herman Melville. Il vient de publier chez Orison Books The Divine Magnet, une édition des lettres de Melville à Nathaniel Hawthorne, ainsi que d’autres écrits de l’auteur de Moby Dick concernant Hawthorne. Cette édition comporte une introduction, des notes et une préface du lauréat du prix Pulitzer, Paul Harding.

Professeur émérite à l'université Paris-Sorbonne, Pierre-Yves PÉTILLON a longtemps enseigné la littérature américaine à l’ENS Ulm. Outre de nombreux articles, il est l’auteur de La Grand-Route, espace et écriture en Amérique (Le Seuil, 1979), L’Europe aux anciens parapets (Le Seuil, 1986), ainsi que d’une Histoire de la littérature américaine. Notre demi-siècle 1939-1989 (Fayard, 2003, [1992]). À l’Imprimerie nationale, il a publié les éditions annotées des Contes et Récits de Hawthorne (1996), de L’Éducation de Henry Adams (2007), et traduit et présenté Cap Cod de Thoreau (2000).

Pauline PILOTE a commencé en 2013 un doctorat à l’ENS de Lyon, après y avoir fait ses études de master. Elle travaille aujourd’hui sur le roman historique américain, sous la direction de François Specq, en vue d’une thèse intitulée « Wizards of the West » : filiations, reprises, mutations de la romance historique de Sir Walter Scott à ses contemporains américains (James Fenimore Cooper, Washington Irving et Catharine Maria Sedgwick).

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Sommaire

Avant-propos, par Agnès DERAIL et Cécile ROUDEAU

Les spectres shakespeariens de The Last of the Mohicans, par Ronan LUDOT-VLASAK

« This picturesque land of ours ». La mise en valeur du paysage national dans les romans écossais de Walter Scott et dans The Last of The Mohicans de James Fenimore Cooper, par Pauline PILOTE

« Water leaves no trail ». Eau, trace et mémoire dans The Last of the Mohicans, par  Emilia LE SEVEN

Écriture romanesque et inscription spatiale : The Prairie et les cartes du major Long, par Julien NÈGRE

L’après-Cooper : logique de l’après-coup dans The Last of the Mohicans, par Marc AMFREVILLE

Allochronic Views of Native Americans; or, Vanished Vanishing Indians in The Last of the Mohicans, par Mark NIEMEYER

Nathanaël avant et après ; ou de prolepse en anamnèse, par Pierre-Yves PÉTILLON

Annexe : arrière-plan, par Pierre-Yves PÉTILLON

Bibliographie

 

 
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